Face aux inquiétudes et à la colère qui agite Heuringhem, Jean-Paul Lefait, le maire, a réuni en urgence son conseil municipal pour se prononcer une nouvelle fois sur le projet d'agrandissement de la porcherie.
Clément Cuvillier, secrétaire général du syndicat des Jeunes Agriculteurs, se dit choqué et remonté par le débat que suscite le projet de porcherie à Heuringhem et l'attitude des antiporcherie.
Agriculteur à Ferfay et secrétaire général du syndicat des Jeunes Agriculteurs, Clément Cuvillier suit l'affaire de la porcherie d'Heuringhem de près. « Je me tiens au courant du sujet dans la presse et sur internet », affirme-t-il avant de rapidement avouer : « Je suis très choqué de la façon dont cela se passe. Je suis remonté que l'on puisse comme ça empêcher le projet de vie d'un agriculteur. » Pour le jeune exploitant, les arguments des antiporcherie ne sont pas suffisants et parfois même exagérés. « Ils ne voient que le mauvais côté des choses. Après tout, le lisier est un produit naturel. C'est toujours mieux que de mettre des engrais chimiques. » Même si Aurélie Bridault n'est pas membre du syndicat, le secrétaire général des Jeunes Agriculteur promet qu'ils vont se mobiliser pour soutenir leur consoeur. « Je ne connais pas l'agricultrice à l'origine de ce projet mais, nous n'allons pas laisser passer cette affaire. Je vais essayer de prendre contact avec elle pour voir comment elle vit ça, pour voir comment on peut faire évoluer les choses... Vous savez avec les normes et les contraintes qu'il y a, c'est difficile d'être agriculteur aujourd'hui », lance-t-il.
Ce sujet intéresse d'autant plus Clément Cuvillier, qu'un des membres du syndicat souhaite aussi développer son élevage porcin, mais à Roquetoire cette fois. Vu la tournure que prennent les choses à Heuringhem, la tâche pourrait s'avérer plus ardue que prévu.
M. J.
L'un est cardiologue, l'autre est médecin généraliste, mais tous les deux sont heuringhémois. Dans un courrier envoyé au maire fin décembre, ils ont, avec cinq autres praticiens, dénoncé les risques sanitaires que représenterait une porcherie de cette taille.
1Vous avez souligné quatre risques sanitaires majeurs liés à l'installation d'un élevage de 4 500 porcs. Lequel d'entre vous paraît le plus dangereux ?
Le plus dangereux est le risque de virose et la mutation de virus. On sait que le porc est un réservoir à virus, notamment du virus H1N1. Ce qui nous inquiète, c'est que l'élevage de porc sera installé à proximité d'un élevage de poule qui est aussi un réservoir à virus et plus particulièrement du H5N1. Ce que nous craignons, c'est que ces deux virus se rencontrent et forment un virus mutant à la fois virulent et contagieux. L'institut Pasteur insiste sur ce danger. C'est une bombe à retardement.
2Selon vous, la porcherie causerait une situation de stress auprès de la population. Sur quoi vous basez-vous pour affirmer cela ?
Sur notre expérience professionnelle de médecin. À Heuringhem, les gens sont en situation de stress environnemental avec notamment le périmètre Flamoval. La porcherie représenterait des nuisances olfactives mais aussi la dévaluation des biens. Cela aura un retentissement sur la vie courante causant du stress, de l'anxiété. C'est dans ces cas qu'émergent d'autres pathologies comme des accidents cardio-vasculaires ou des cancers. On le voit déjà d'ailleurs, certains de nos patients qui vivent à Heuringhem souffrent d'ores et déjà de dépression.
3Le vote négatif du conseil municipal d'Heuringhem vous satisfait-il ?
Bien sûr ! Et nous espérons que le préfet va suivre les avis donnés par les deux communes les plus impactées, à savoir Ecques et Heuringhem. Au final cette porcherie va servir à quoi ? Aux intérêts de deux ou trois personnes et nuire à deux villages. Nous espérons que le préfet sera sensible à l'ensemble de la population. De notre côté, nous continuerons à suivre ce dossier sur le plan médical.
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À l'issue du vote, Jean-Paul Lefait s'est dit soulagé que cette décision ait été prise. « Avec ces nouveaux éléments, il fallait revoir notre position sur le sujet », précise-t-il.
L'élu a néanmoins tenu à mettre les choses au clair concernant les accusations dont il a pu être la cible ces dernières semaines. « Je dénonce les insinuations malveillantes et les rumeurs diffamatoires portant atteinte à mon intégrité personnelle. Je pensais que l'on pouvait s'opposer sans se haïr.
Ceux qui ont porté des accusations à mon encontre m'ont profondément blessé », déclarait-il jeudi dernier, visiblement ému.
Du côté des forums