On est loin du cliché de Tintin au Congo. Depuis la parution de la bande dessinée de Hergé, les temps ont bien changé, et heureusement.
Plus question d'aller coloniser les pays africains, il est maintenant l'heure de les aider à se développer. C'est le message qu'ont fait passer deux Valenciennois d'une vingtaine d'années, qui ont présenté à l'école Sainte-Isbergue-Saint-Éloi leur projet de solidarité en République centrafricaine.
Agnès Lebrun et Pacôme Lepoutre sont en effet sur le point de rejoindre le Centrafrique, un pays enclavé au centre du continent, voisin des deux Congo, du Tchad et du Soudan. Jeudi après-midi, ils sont venus à la rencontre de la classe de CM 2 de Dominique Maes pour leur raconter d'une manière simple ce qu'ils comptaient faire là-bas.
100 par classes, trois kilomètres à pied jusqu'à l'école « Nous partons en mission de développement avec la Délégation catholique pour la coopération (DCC), explique Pacôme, 23 ans. Nous aurons le statut de VSI, volontaire de solidarité internationale. » Le jeune homme parle bien d'une mission de développement et non humanitaire : « L'humanitaire est plutôt une situation d'urgence, une guerre, une catastrophe naturelle. Le développement s'inscrit dans un projet au long terme, dans un pays plutôt en paix. » Agnès et Pacôme, qui ont déjà à leur actif des expériences à l'étranger (Burkina-Faso et Cambodge) qui se limitaient à un mois, s'en iront cette fois-ci deux ans !
Ils ont tour à tour décrit devant les élèves de CM 2 la situation géographique, politique, économique du pays. Mais pas facile d'expliquer d'une manière simple quelque chose qui ne l'est pas : « Même nous, nous n'avons pas encore tout compris, plaisante Agnès. Mais les questions des enfants étaient très pertinentes ! » Ces derniers se demandaient où allaient loger les deux Valenciennois, ce qu'ils allaient y faire, ce qu'on mange en Centrafrique, etc.
En l'occurrence, Agnès, psychomotricienne de formation, sera professeur, de français notamment. Pacôme, lui, qui a suivi des études d'ingénieur, aura la responsabilité d'un chantier en tant que responsable de construction. Tout deux logeront à M'Baiki, à deux heures de la capitale Bangui. « On ne va pas changer le pays, on n'est que deux, mais on va faire avancer un peu les choses à notre manière ! » poursuit Pacôme.
L'intervention des deux jeunes, qui décolleront pour le Centrafrique le 17 mai, s'inscrit dans le cadre du programme de géographie des CM 2 de Dominique Maes : « le thème concerne les différences éducatives à travers le monde », note l'enseignante. Agnès et Pacôme en ont donc profité pour faire prendre conscience aux jeunes élèves leur chance : « En Centrafrique, ils sont 100 par classe, et certains doivent faire trois kilomètres à pied pour aller à l'école, alors ils n'y vont pas. » De quoi peut-être faire changer d'avis les petits Isberguois...
Pierrick JOUAN
Pour suivre leur expérience en Centrafrique, Agnès et Pacôme rédigeront un blog sur internet, alimenté régulièrement dès leur arrivée : http://dcc-iletellecentrafriquent.over-blog.com/
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