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Tribunal

TRIBUNAL

Bébé secoué, le père risque la prison

jeudi 05.09.2013, 08:00

Jérôme Poumaer a-t-il fait subir des actes de violences à son bébé en 2011 dans son domicile d'Audruicq ? Ou, comme il l'insinue, une tierce personne serait-elle responsable de cette maltraitance ? Le tribunal se prononcera le 1er octobre.


- Au long de son audition devant le tribunal correctionnel de Saint-Omer, le jeune homme clame son innocence : «  J'ai subi des sévices étant enfant, jamais je n'aurais reproduit un tel schéma. » Pourtant, le 23 novembre 2011, un nourrisson laissé à la garde de son père était emmené par le Samu. Il est environ 14 h 30 quand la maman part pour son travail. Le bébé chouine beaucoup. Son père lui prépare un biberon, appelle sa conjointe deux fois puis demande conseil à ses parents. Tous lui suggèrent de joindre les pompiers.
Il les informe que le bébé est bleu, les yeux retournés. Ils arrivent rapidement. Le bambin de quatre mois souffre de diverses ecchymoses, de fractures antérieures au tibia, aux côtes, à l'index. Dernièrement, on constatait un hématome sous-dural, une fracture du crâne, des hémorragies rétiniennes. Ce sont les symptômes du « bébé secoué », et aussi ceux d'un nouveau-né que l'on aurait cogné contre un plan dur.

La marraine est-elle coupable ?

Oui, le papa l'a « un peu secoué » quand il a vu que l'enfant devenait bleu, en essayant de le faire revenir à lui « mais pas comme un prunier », se défend-il. Au cours de l'audience, il est expliqué que le petit était victime depuis quelque temps de crises de sanglots donnant des spasmes, des apnées et des cyanoses. Les parents étaient informés de la conduite à tenir en cas de malaise.
Le papa met en cause la marraine qui l'aurait gardé à plusieurs reprises. D'ailleurs, il avait constaté une bosse sur la tempe du bébé à son retour et soupçonne qu'il soit tombé de la table à langer d'un centre commercial où elle avait emmené se promener l'enfant.
Le président de la séance, Guillaume Salomon, n'est pas convaincu : les lésions sont récentes. Et une ex-concubine avec qui il a eu une fille prétend que son ancien compagnon aurait fait preuve de violence à l'égard de la petite.
L'homme peut être impulsif, nerveux, agressif, d'après ses amis et son employeur. Selon Me Simar, représentante des droits de l'enfant, le bébé souffre d'un retard mental et de problèmes oculaires. Les dégâts ne pourront être certains que dans quelques années.
Perrine Cornille, substitute du procureur, n'admet pas la thèse d'un accident, ni même la participation d'une autre personne. Sa conviction, c'est que Jérôme Poumaer a fait subir des violences volontaires au nourrisson. Elle demande trois ans d'emprisonnement dont un an avec sursis et mise à l'épreuve, ainsi que des soins psychologiques, l'obligation de travail et d'indemniser son fils.
Me Vytellingum, l'avocate du prévenu, ne croit pas à la culpabilité de son client : trop d'incohérences dans le dossier lui font penser à l'innocence de ce jeune père. Le tribunal se donne le temps de la réflexion et rendra son délibéré le 1er octobre.

Fanny JOOS-DELIGNE

L'Echo de la Lys



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